lundi 10 mai 2010

J'y crois encore.

Il est 02h45. Sa chambre est éclairée par le halo de son portable. Mais elle ne répondra pas à tous ces messages, qu'est-ce qu'elle s'en fiche de tous ces gens. Ils s'inquiètent pour elle, c'est bien pour eux. Pas le courage, pas l'envie. Elle leur répondra demain par un sourire, un mot tendre ça marche toujours. De toute façon s'ils ne sont pas contents, qu'ils aillent se faire voir. Ca ne les concernent pas, ça ne concerne qu'elle. Et elle seule. Sur son lit, y a pas que le portable qui traîne. Mais ça, ça importe peu. Elle est là, toute seule, roulée en boule dans sa couette. Tellement grande sa couette, qu'on a l'impression qu'elle pourrait l'avaler entièremment. Elle est tellement fragile. Puis surtout.. Elle a mal. Affreusement mal. Mais pas que mal physiquement, moralement aussi elle a mal. Surtout moralement en fait. Les larmes coulent sur sa joue. Elle ne les essuient pas. Ca roule sur ses joues, ça tombe sur son oreiller, sa couette, ses photos, son passé, mais elle s'en fou. Ce qui l'intéresse à ce moment là, c'est sa paire de ciseaux, et le mouchoir noyé de sang, de son sang juste à côté. Encore une entaille ? Voilà la question qu'elle se pose, chaque soir, dans le noir. Aujourd'hui ça saigne pas mal. Ca fait la cinquième de la soirée. Deux sur le bras gauche, une sur le bras droit, et deux sur le bassin. Sur le bassin, les plaies sont profondes et ça saigne encore. Mais elle est comme ça, elle fait pas les choses à moitié. Alors elle recommence. Un, deux, trois. La paire de ciseaux griffe sa paume, tombe violemment. Celui-là, elle l'avait pas vu venir. Elle pousse un juron, et ramasse son mouchoir déjà tâché. Le sang chaud coule déjà de sa veine. Cette entaille-là, elle sera plus profonde que les cinq précédentes. Petit à petit la douleur diminue, elle ne la sent presque plus, elle ne sent plus rien en fait. Elle se sens de plus en plus vide, molle et vide. Ce soir, ses forces l'abandonnent, et le sang coule encore. elle n'a plus la force de parler, de hurler, d'appeler ses parents pour qu'ils viennent l'aider. C'est fini, et ça elle le sait. Y'aura pas de prochaine fois. Alors elle se laisse aller, elle tombe doucement, telle une plume sur son oreiller. Le sang lui bourdonne dans les oreilles, elle compte les battements de son coeur, essaye de se rappeler comment c'était avant.. Trois battements plus tard, son coeur s'est arrêté.

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Pour Marie que j'aime tant..

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