samedi 15 mai 2010

J'ai sentie l'odeur des champs, le bonheur des abeilles, l'herbe fraîche sous ma foulée [♥]



" Cours Orianne, cours ! "

C'était son moyen de me demander de partir, avant de faire une quelconque bêtise. Avant de faire n'importe quoi. C'était son conseil d'ami, c'était mon échappatoire. Lui seul, savait à quel point mon coeur tambourinait dans ma cage thoracique, lui seul savait que si je restais une seule minute de plus entre ces quatres murs j'allais étouffer.


J'ai raccroché.


Il m'avait appelé, il était toujours là, toujours avec moi, il me soutenait. Ca faisait un mois que l'on ne se parlait plus, un mois que son abscence me dérangeait. Mais quand le téléphone a sonné, que c'est sa voix qui s'est fait entendre dans le combiné alors c'est comme ci, rien de tout cela ne s'était produit. Tout d'un coup, je me suis mis à y croire.


Il allait me sortir de là, c'est mon médicament, mon bonheur quand ça ne va pas. Comme d'habitude il a trouvé. Rien que les mots justes, comme toujours. Juste cette phrase. C'était du "lui".


Et moi, je l'ai écouté, je l'ai fait.


J'ai couru.


Le plus longtemps possible, sans m'arrêter. Je suffoquais, je voulais abandonner, arrêter. Mes muscles me suppliaient de stopper le calvaire. Mon sang bouillonait dans mon corps au bord de l'inconscient. Mais j'ai continué, j'ai tenu bon. Jusqu'au bout. Pour la première fois, je me suis sentie vivante, libre. Ivre de tout. J'ai vécu, à ce moment là, on pourra dire que j'étais enfin apaisée. Et j'ai enfin réussi à faire le vide, à libérer le poids de mon subconscient qui faisait un mal de chien depuis des mois. J'ai continué.


2 000 mètres d'un coup. 2 000 mètres à me répéter que finalement, je t'aimais. Finalement j'avais tout faux.




"Au bout d'un moment faut arrêter de réfléchir. A force d'être trop intelligente t'en oublis tes sentiments."